New Year Concert

par L'Univers de Noan  -  1 Janvier 2023, 08:00  -  #Musique, #Musicien, #Compositeur

New Year Concert

Vienne reste la capitale incontestée de la musique. Au fil des siècles, de très grands compositeurs s’y sont installés et ont créé nombre d’œuvres dans cette ville. C’est le cas de Beethoven, Mozart, Schubert, Liszt, Brahms, Offenbach et bien sûr la famille Strauss qui a laissé une trace indélébile dans la ville. Vienne, ville dans laquelle pas moins de 10 000 personnes fréquentent les concerts de musique classique chaque jour.

 

À l'aube de chaque nouvelle année, est diffusé en mondiovision le concert le plus populaire de la capitale viennoise et ce n’est ni un concert de rock, ni de variété mais bien un concert de musique classique, le concert du nouvel an ou le New year Concert (Neujahrskonzert en autrichien) diffusé chaque 1er janvier depuis 1958. C’est le troisième évènement télévisuel après les grandes compétitions sportives et l’Eurovision de la chanson à être regardé par plus de cent millions de téléspectateurs à travers le monde.

 

Concert d’exception a plusieurs titres puisque d’une part, l’orchestre Philharmonique de vienne et considéré pour tous ceux qui aiment la musique classique comme une des deux ou trois plus belles formations au monde et, d’autre part, car c’est l’occasion de célébrer ce qu’on appelle la musique symphonique légère qui a ce charme, cette légèreté de la danse et c’est bien évidemment à toute la famille Strauss, père et fils, dynastie musicale à qui l'on doit ce style souvent copié mais rarement égalé.

 

En dehors des œuvres rituelles de Strauss père et fils comme « le beau Danube bleu » et la « marche de Radetzky », d’autres maîtres de la musique viennoise sont très souvent mis à l'honneur à l’exemple de Franz Von Suppé, Piotr Ilitch Tchaïkovski, Jacques Offenbach ou encore le compositeur slovaque Alphonse Ciboulka, qui a composé des œuvres pour la jeune princesse Stéphanie de Belgique épouse de l'Archiduc Rodolphe. Alphonse Ciboulka qui a connu une certaine célébrité grâce à la monarchie Austro-hongroise. Malheureusement, ce dernier est tombé dans l’oubli. Le New year Concert est aussi là pour nous rappeler des compositeurs oubliés.

 

On y retrouve aussi les grandes valses symphoniques telles que la « valse de l’Empereur », « sang viennois » « la vie d’artiste », « les roses du sud », « aimer, boire et chanter » ou encore « les voix du printemps » et sans aucun doute un des grands chefs-d’œuvre de Johann Strauss fils régulièrement à l’honneur les « contes de la forêt viennoise » où « légendes de la forêt viennoise », ont le traduit d'une façon ou de l'autre c'est selon.

Musikverein (Vienne) et la Goldener Saal (Salle dorée)
Musikverein (Vienne) et la Goldener Saal (Salle dorée)
Musikverein (Vienne) et la Goldener Saal (Salle dorée)
Musikverein (Vienne) et la Goldener Saal (Salle dorée)
Musikverein (Vienne) et la Goldener Saal (Salle dorée)
Musikverein (Vienne) et la Goldener Saal (Salle dorée)
Musikverein (Vienne) et la Goldener Saal (Salle dorée)
Musikverein (Vienne) et la Goldener Saal (Salle dorée)
Musikverein (Vienne) et la Goldener Saal (Salle dorée)
Musikverein (Vienne) et la Goldener Saal (Salle dorée)

Musikverein (Vienne) et la Goldener Saal (Salle dorée)

Cette dernière est l’une de ces très grandes valses de concert qui sont de véritables poèmes symphoniques. Vient  d’abord l'introduction, puis le moment ou la danse finit par s'élancer puis se développer avec une série de thèmes qui s'enchaînent et la cithare qui apporte une couleur éminemment champêtre à cette œuvre composée en 1868.

 

Il est vrai que Johann Strauss aimait la campagne plus que la ville, il aimait la solitude et il n’aimait pas diriger l'orchestre familial, c'est pourquoi son frère Joseph l'avait secondé pour diriger car Johann préférait se consacrer à la composition. Je rappelle, Johann Strauss père a eu trois fils : Johann, fils aîné le plus célèbre de la dynastie Strauss, Joseph Strauss le second et enfin le petit dernier Eduard Strauss qui, selon la légende, était jaloux de son frère Johann. Cependant longtemps après la mort de ce dernier il continuera à diriger l'orchestre familial et contribuera à la création de la fondation musicale Strauss. Joseph quant à lui, personnage très doué dans beaucoup de domaines, avait notamment une formation d'ingénieur et avait même inventé une machine pour nettoyer les trottoirs de Vienne. Joseph était, par ailleurs, un très bon compositeur de valses et de polka-mazurka tout aussi prolifique que son frère ainé.

 

Outre les valses, figure des marches de fêtes écrites par Johann ou son frère Joseph. Ces marches festives composées, là encore pour des mariages princiers, comme celui du prince de Bulgarie en 1893. C'est intéressant d'ailleurs car le jeune Johann était plutôt révolutionnaire à l’inverse de son père, ce qui était un des éléments de leur discorde et finalement Johann finira par devenir un des grands hommes de l'Empire austro-hongrois quitte souvent à composer des œuvres pour des mariages princiers et autres cérémonies qui ponctuaient la vie de l'empire.

 

Autre source de tension, l’idée même de la revanche contre ce père monarchiste qui avait mal pris le fait que son fils ainé ait débuté sa carrière parallèlement à la sienne, voyant en lui, plus prolifique musicalement, un redoutable concurrent, rendant leurs relations houleuses pour, in fine, être réunis pour l'éternité, si l'on peut dire.

Les trois frères Strauss au centre Johann, à gauche Joseph et à droire Eduard

Les trois frères Strauss au centre Johann, à gauche Joseph et à droire Eduard

Les chefs d'orchestre ayant dirigé le concert du nouvel an de 1941 à 2023
Les chefs d'orchestre ayant dirigé le concert du nouvel an de 1941 à 2023
Les chefs d'orchestre ayant dirigé le concert du nouvel an de 1941 à 2023
Les chefs d'orchestre ayant dirigé le concert du nouvel an de 1941 à 2023
Les chefs d'orchestre ayant dirigé le concert du nouvel an de 1941 à 2023
Les chefs d'orchestre ayant dirigé le concert du nouvel an de 1941 à 2023
Les chefs d'orchestre ayant dirigé le concert du nouvel an de 1941 à 2023
Les chefs d'orchestre ayant dirigé le concert du nouvel an de 1941 à 2023
Les chefs d'orchestre ayant dirigé le concert du nouvel an de 1941 à 2023
Les chefs d'orchestre ayant dirigé le concert du nouvel an de 1941 à 2023
Les chefs d'orchestre ayant dirigé le concert du nouvel an de 1941 à 2023
Les chefs d'orchestre ayant dirigé le concert du nouvel an de 1941 à 2023
Les chefs d'orchestre ayant dirigé le concert du nouvel an de 1941 à 2023
Les chefs d'orchestre ayant dirigé le concert du nouvel an de 1941 à 2023
Les chefs d'orchestre ayant dirigé le concert du nouvel an de 1941 à 2023
Les chefs d'orchestre ayant dirigé le concert du nouvel an de 1941 à 2023
Les chefs d'orchestre ayant dirigé le concert du nouvel an de 1941 à 2023
Les chefs d'orchestre ayant dirigé le concert du nouvel an de 1941 à 2023

Les chefs d'orchestre ayant dirigé le concert du nouvel an de 1941 à 2023

Le concert se conclut toujours par la remise des fleurs au chef invité, tandis que les premières notes beau Danube bleu ferment la deuxième partie de ce concert toujours interrompu par les applaudissements du public. Le chef invité se plie à ce moment précis au rituel des vœux. Le beau Danube bleu qui était à l'origine une composition chorale de Johann Strauss fils qu'il avait écrite pour célébrer les éclairages de la ville de Vienne, D'ajouter que cette œuvre composée en 1866 ne connut pas un grand succès avant de devenir un succès mondial lors de l'exposition universelle de 1867. Lors de cette dernière, Johann Strauss fils se rend à Paris. On lui demande d'ajouter une valse dans le programme de son premier concert en public. Se souvenant du Beau Danube bleu, Johann Strauss fait venir la partition de Vienne. L'accueil de l'œuvre sans la partie chantée est triomphal et Johann Strauss fils doit la rejouer vingt fois de suite.

 

À Vienne, le succès est tel que les imprimeurs ont beaucoup de mal à répondre à la demande en partitions. Ce succès permet à cette œuvre de ne pas finir oubliée dans les centaines de partitions de son auteur ou brûlée par son frère, Eduard Strauss. Le Beau Danube bleu est programmé la même année dans plusieurs concerts à Londres, en présence de la reine Victoria. Cette valse reste la plus célèbre de toutes les valses écrites par Johann Strauss fils et c'est cette dernière qui ferme traditionnellement la deuxième partie du concert du nouvel an.

 

Enfin, « la marche de Radetzky » composé par Johann Strauss père vient clôturer le concert. C’est à ce moment-là que le chef instaure un rapport entre l’orchestre et le public, un moment de forte intensité et de vives émotions. La marche de Radetzky illustre assez bien l'opposition entre le père et le fils, puisque qu'écrite à la gloire d'un maréchal d'empire qui a réprimé la révolte des Piémontais en 1848, à une époque où Johann Strauss fils se situait plutôt du côté des mouvements révolutionnaires européens, le père quant à lui, célébrait, par cette marche militaire, la solidité de l'empire.

 

La fête de la musique viennoise et l’orchestre philharmonique de Vienne est un évènement que l'on retrouve chaque année avec tellement de plaisir parce qu'aujourd'hui beaucoup de grands orchestres symphoniques, notamment en France mais aussi à l’étranger, se contentent du grand répertoire classique, répertoire le plus profond, le plus sérieux et le plus sublime, certes, mais laissent un peu de côté ce répertoire léger.

 

Ce qui est merveilleux à Vienne, c'est que cette ville continue à honorer cette musique légère qui a contribué à la gloire de la dynastie des Strauss, on pourrait dire la même chose en France avec Offenbach mais nous n'avons pas toujours des musiciens de même niveau pour défendre cette musique symphonique légère. Le concert annuel de Vienne est aussi un cérémonial que l’on retrouve chaque année avec ces trente mille fleurs, qui décorent la Goldener Saal (salle dorée) et qui, jusqu’en 1980, étaient offertes par la ville de San Remo. Depuis 2014, le Musikverein s'est tournée vers des fournisseurs autrichiens et une partie de ces fleurs proviennent directement des serres du palais impérial de Schönbrunn.

 

Enfin, c’est aussi l’occasion d’admirer les ballets montés par les plus grands chorégraphes comme José Martinez, Benjamin Millepied, Patrick Dupond en collaboration avec les danseurs du ballet de l'Opéra de Vienne, des costumes pour les danseurs effectués par les plus grands créateurs comme Jean-Paul Gautier ou Christian Lacroix, en plus des images de la vie viennoise avec au fond ce côté traditionnel, certains diraient conservateurs mais pourquoi pas… À vienne quelque chose ne bouge jamais dans ce monde qui s’agite et qui est en crise de façon permanente, ce qui nous fait le plaisir c'est de retrouver ce concert dans son immuabilité.

 

Noan Benito Vega
Prochain article :
Mozart, le sacripant de Salzbourg

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